Alerte : des vies en danger dans le territoire de Rutshuru

Cellule de Communication | 18 septembre 2018 | 0 | À la une , Urgences

Goma, le 18 septembre 2018 (caritasdevgoma.org) – Il s’agit de Vitshumbi, Binza et Birambizo, des groupements se trouvant en territoire de Rutshuru, à environs 72 Km de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, où la vie devient invivable pour les habitants. D’abord à Vitshumbi, des vents violents ont emporté en date du 13 septembre 2018 dernier des toitures de plus de 100 maisons, causant trois décès des enfants âgés de 3, 5 et 8 ans. A Binza, la malnutrition aiguë a élu domicile chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Et à Birambizo, coupé du monde voilà 2 mois après l’effondrement du pont Rukuru, construit depuis l’époque coloniale.

Vitshumbi : Au moins 600 personnes passent la nuit à la belle étoile

Des vents violents accompagnés d’une légère pluie qui s’est abattue le jeudi dernier à Vitshumbi a fait trois morts (des enfants de différente familles) et plusieurs blessés. Plus de 112 maisons dont une école primaire de la place et d’autres biens de valeur ont particulièrement été touchées. Ces ménages estimés à plus de 600 personnes ont été accueilli dans des familles d’accueil. Pour le moins chanceux, c’est à la belle étoile avec leur progéniture qu’ils passent la nuit, rapporte des sources locales.

En attendant l’aide appropriée, les confessions religieuses de la place se sont organisées en petit comité de crise pour assister en vivres et non vivres les ménages vivant dans des familles d’accueil et en ont profité pour lancer un cri d’alarme à la Caritas-Développement Goma pour une assistance en tôles et en clous des tôles : « Nous supplions la Caritas Goma de nous venir en aide. Nous avons tout perdu avec ce vent. Ceux qui ne bénéficient pas du soutien de l’Eglise, vivent de la charité dans la rue. Tout ce que nous demandons, c’est un abri …», déclare Maombi, un père de famille de 6 enfants et dont le cadet  (3 ans) est mort, tué par un arbre arraché par le vent violent.

La zone de santé de Binza abandonnée !

C’est sur l’axe Goma-Kiwanja-Ishasha en frontière avec l’Ouganda que plusieurs groupes armés font la loi sous l’œil impuissant des habitants.

Les forces armées de la République démocratique du Congo, pour éviter de confondre un milicien d’un civil ont refusé l’accès aux champs aux cultivateurs, témoignent plusieurs habitants du coin. Conséquence : la famine prolongée entrainant une malnutrition aiguë surtout pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. ‘’Sans vivres, ces populations sont incapables de payer les soins de santé dans une zone où aucune ONG n’arrive’’, déclare Roger Ndagije, coordinateur du Bureau diocésain des œuvres médicales (BDOM) à la Caritas Goma. ‘’La scolarisation est difficile, l’agriculture est impossible… La vie tourne vraiment au ralentie. Un appui social, sanitaire et surtout la lutte contre la mal nutrition sauverait ces enfants et ces femmes qui donnent la vie, conclut Roger d’un air triste.

Birambizo isolé : le pont d’accès coupé!

Construit à l’époque coloniale par les prêtres missionnaires d’Afrique, c’était l’unique voie qui facilitait l’accès à Birambizo et l’évacuation des produits vivriers de Birambizo vers Goma. Ces produits vivriers vendus aidaient ainsi à améliorer les conditions socio-économiques des populations. Mais avec l’effondrement du pont aucun produit n’est évacué. Conséquence : les produits importés de base (sel, savon, huile…) n’arrivent pas. Mais aussi, les récoltes pourrissent et les ménages se paupérisent davantage.

Pour les commerçants de Birambizo que la Cellule de Communication de la Caritas Goma a interrogé, le prix des denrées alimentaires ont considérablement chuté : Un sac de maïs de 50 kilos que l’on achetait à 50 dollars se vend aujourd’hui à 10 ou 5 dollars. Un panier des pommes de terre qui se vendait à 10 dollars se vend à 2 dollars et malgré cette baisse de prix, les gens n’achètent pas, s’exclame  Zawadi, vendeuse des pommes de terre. Et pour Janvier, un autre commerçant du coin c’est plutôt le détour pour arriver à Goma qui pose problème : ‘’Nous avons peur que les vivres pourrissent et nous n’avons pas d’autres moyens pour faire arriver les marchandises à Goma … nous sommes obligés de rabattre le coût et c’est nous qui perdons en bénéfice. La seule voie qui demeure pour arriver à Goma est un grand détour de Goma-Kalengera (axe Rutshuru) Tongo-Rusekera-Bokombo, soit plus de 200 Km au lieu de 100 Km’’, déclare Janvier. Un casse -tête qui vient s’ajouter à la vie, déjà, difficile de ces pauvres paysans…

Face à ces catastrophes humanitaires qui demeurent jusque-là sans secours, Caritas Goma se retrouve sans moyen conséquent. A quel saint se vouer ?

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

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