Caritas Goma brise le tabou en initiant un projet sur l’hygiène menstruelle à Rwanguba

Cellule de Communication | 29 septembre 2020 | 0 | À la une , Santé

Goma, le 29 septembre 2019 (caritasdevgoma.org) – Briser les tabous en sensibilisant les adolescentes sur l’hygiène menstruelle dans la zone de santé de Rwanguba, en territoire de Rutshuru, 72 Km de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, est l’objectif que s’est assignée la Caritas Goma en partenariat avec le Fonds des Nations- unies pour l’Enfance (UNICEF) dans le projet PEAR+3. Par des séances de formations dans des écoles les jeunes filles ont reçu des informations utiles et critiques sur la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) et ont été dotées de kits de dignité.

Une vue de Masika Liesse, point focal GHM

Assise dans un coin de la salle à coté de ses camarades, le regard évasif, Kahindo Pamela, une élève de l’école primaire Mbigo à Rutshuru, suit attentivement les explications sur la gestion GHM donnée par Masika Liesse, point focal GHM dudit projet à la Caritas Goma. Pour la jeune pubère de 10 ans, le sujet lui est complètement inconnu : « Ma mère ne m’a jamais parlé des règles, je ne sais même pas qu’est-ce que c’est !!! », lance -t-elle d’une voix timide.

Contrairement à sa camarade Kahindo, Christelle Moza, 12 ans, a une autre information sur les règles. La jeune fille est convaincue que c’est une punition divine : «   Ma grande sœur m’avait dit que quand une fille commet trop des péchés, Dieu envoie sur elle sa colère sous forme du sang sur ses parties intimes », déclare –t-elle d’une aire innocente.

Et si pour Christelle les règles sont une punition émanant de Dieu, Olga Muhima, 14 ans, affirme tout simplement que ce sujet est tabou dans sa famille… : « Une fille qui a ses règles ne peut pas marcher devant les hommes… car elle est sale. », affirme –t-elle.

Autant des spéculations et tabous sur la GHM, Liesse en a pris acte durant le 1 année qu’a duré le projet en territoire de Rutshuru.

En effet, promouvoir la santé des enfants en particulier celle des jeunes filles en âge scolaire pour faciliter une bonne hygiène menstruelle en mettant à leur disposition des informations utiles et critiques et leurs doter des kits de dignité est ce à quoi le projet s’est attelé. Ici, les séances de formations dans les écoles ont été dispensés aux jeunes filles et garçons en âge scolaire du degré terminal (5 et 6 primaire), les enseignants et au Comité de parents (COPA). A l’ordre du jour : cycle menstruelle qu’est-ce ? Quel est l’origine des règles, et un accent particulier sur les mesures d’hygiène.

Les investigations faites par une équipe du projet PEAR+3 dans la zone de santé de Rutshuru et Rwanguba ont montré une insuffisance d’informations en matière de la GHM. Les jeunes filles en âge scolaire n’ont pas assez de connaissances sur les règles et moins encore des matériels de protection pour une hygiène adéquate. Certaines d’entre elles sont même victimes de stigmatisation de la part de leurs pairs. La plupart d’entre elles, ont eu peur ou se sont inquiétées lors de leurs premières règles. D’autres ne le disent simplement pas à leur proche. Ce qui complique les choses, explique Masika Liesse : « Certaines ne savent même pas qu’il existe des serviettes hygiéniques, ne connaissent pas leur corps, et ignorent l’origine du sang menstruel. Conséquences : des grossesses non désirées, avortement… L’un de plus grand défis auquel nous nous heurtons est la conception culturelle, les tabous liés aux règles pour certaines communautés ou tribu. Et notre rôle a été de rassembler les parents et les enfants pour faire passer le message de l’hygiène en éclaircissant les zones d’ombre tout en respectant la culture du milieu », affirme Liesse.

Le silence actuel sur la menstruation des femmes et des adolescentes les prive d’une information importante concernant leur propre corps, leur santé, leurs droits à l’éducation et enfin au respect de la dignité et des droits de la personne humaine.

PEAR+3 (un projet de participation et d’engagement des communautés dans la résilience et autonomisation dans la zone de santé de Rwanguba) promeut le WASH, la disponibilité en eau, des matériels de protection chez les filles surtout en période de menstrues, l’accessibilité à l’information et la disponibilité des infrastructures adéquates. La notion de la GHM étant introduite en milieu scolaire en appui au Programme National Village et Ecole Assaini (VEA).

Disons enfin que le 28 mai est la journée mondiale de l’hygiène menstruelle et vise à briser les tabous et à sensibiliser à l’importance d’une bonne hygiène menstruelle chez les femmes et en particulier les adolescentes à travers le monde. Une journée initiée par l’ONG Allemande WASH United en 2014. Et qui a reçu le soutien de plus de 270 partenaires qui se sont engagés à faire des bonnes pratiques d’hygiène menstruelle une de leurs priorités dans le monde entier.

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

 

 

 

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