Caritas Goma s’engage à revêtir Goma de sa plus belle robe d’antan après l’éruption volcanique

Cellule de Communication | 5 juin 2021 | 0 | À la une , Caritas Développement , Justice et Paix

Goma, le 5 juin 2021 (caritasdevgoma.org) – Et pourtant réputé comme la capitale touristique de la République démocratique du Congo (RDC), Goma, a perdu ses couleurs depuis un temps. Et à deux semaines – depuis le 22 mai 2021 – de l’éruption volcanique, la ville semble mise à terre. Immondices, déchets plastiques, poubelles surabondées qui attirent mouches, canaux d’eau bouchés et dégageant une puanteur nauséabonde…bref, une saleté  que les « Gomatraciens » déplorent.  Pour y remédier  et tout en préparant le retour des sinistrés, la Caritas Goma exécute un projet du Gouvernement Congolais sous la tutelle du Ministère de l’Urbanisme et Habitat, financé par  la Banque Mondiale. La mission est dite « Engagement citoyen » dans le Projet de Développement Urbain (PDU).

Il est 5h30 à Goma, précisément dans les installations de la Caritas Goma, l’équipe chargée de préparer les matériels qui serviront à dégager les immondices et autres déchets des artères de la ville de Goma s’applique à les charger dans une benne. Deux cibles pour ce lancement des activités de la mission Engagement citoyen : l’axe rond-point signers jusqu’à la station Mutinga et l’axe Rond-point signers-Katindo, précisément dans le marché Alanine. Environ 4km à  faire le « Salongo ».

Bêches, pioches, brouettes, balais, bottes, gants, cache poussières, tridents, gilets de visibilité sont tout de suite distribués par Gilbert Degho, Coordonnateur du bureau Justice et Paix de la Caritas Goma, à la centaine des personnes volontaires  du mouvement des Jeunes non violent, Dynamique Femme Justice et paix  et quelques volontaires qui se sont improvisés pour prêter main forte à l’équipe des « engagés » rassemblés par groupe de dix au rond-point Signers, point de départ des travaux.

A la première ligne, le Directeur de la Caritas Goma, Abbé Richard Muhindo qui a décidé de  prêcher par l’exemple : « La propreté est la base solide de la santé. Il ne faut pas attendre qu’on vous paie pour nettoyer vos propres saletés ou déchets », déclare l’abbé Richard avant d’ajouter : « Goma est caractérisé par la destruction des infrastructures routières suite au ruissellement des eaux sur les chaussées puisque les caniveaux sont obstrués par des immondices. La ville connait aussi une prolifération des vecteurs des maladies liées à la saleté, telles que la diarrhée, le paludisme, la fièvre typhoïde…  il est temps que nous agissions car le travail sera fait par nous-même et non pas par quelqu’un d’autre », conclu le Directeur de la Caritas Goma.

A ses côtés, le Maire adjoint de la ville de Goma, Juvénal Ndabereye, emboite les pas de l’abbé en rappelant aux volontaires qui se sont joint à cette activité que ce geste est une éducation de base qui doit s’étendre dans tous les quartiers de Goma.

Ensemble alors,  ils ont envoyé le premier coup de balai sous les acclamations du public…

Pour cette première journée, les « engagés » ont donné de leur énergie pour rendre Goma propre. Certains tenanciers des restaurants et bars se trouvant le long de l’axe marché Virunga ont profité de cette occasion pour vider leurs poubelles sur la voie publiques  et d’autres cependant, se sont joint aux gilets verts  (tenue de travail des engagés) qui coloraient alors les routes avec leurs propres balais en main. Les saletés entassées sur un coin ont été ramassées par brouette et versées dans la benne à ordure.

Pour le chef de cellule de l’office1, Bwanandeke Emmanuel, il est plus question de changement de mentalité. Un changement de mentalité qui doit commencer par le bas âge : « Il faut changer l’homme », a –t-il dit.

Bâtie en bordure et au nord du lac Kivu sur les anciennes coulées de laves volcaniques de Nyiragongo, la capitale touristique de la RDC est confrontée à un sérieux problème de gestion des sachets et des ordures. Dans différents quartiers c’est la même scène : des bacs d’immondices publics remplis et dont la dernière décharge date de  3, 6  voire 10 mois renseignent plusieurs observateurs.

C’est le cas de l’axe Katindo, précisément au marché Alanine, où la dernière évacuation des immondices (jusqu’à la rédaction de cet article) date de 15 mois selon les témoignages des vendeurs au micro de la cellule de Communication de la Caritas Goma.

Sur place, on retrouve Lucie, une vendeuse des braises qui ne mâche pas ses mots : «  Nous  en avons marre de donner des contributions et payer des taxes soit disant que la poubelle sera vidée. Vous n’imaginez pas tout ce que l’on voit dans ces ordures …l’odeur, les mouches, les vers de terre … Voyez donc par vous-même et dites- nous, si nous ne courrons pas un grand risque de tomber malade en inhalant ces odeurs toutes les journées ».

« Je n’ai qu’une activité et je suis mère de 11 enfants », commente pour sa part Alphonsine, vendeuse des bananes nains au marché Alanine. «  Aujourd’hui, je ne sais même plus accéder à mon dépôt de ‘’Bisamunyu » parce que les déchets de la poubelle débordent et se vident maintenant devant l’entrée de mon dépôt. J’ai des petits enfants, innocents, qui jouent dans la saleté et ne savent pas rester à la maison… Ce qui nous fait encore le plus mal, c’est de voir la population riveraine déchargée leurs ordures dans cette même poubelle. C’est triste », déclare la mère de famille d’un air abattu.

La benne à ordure de la Caritas Goma a, quant à elle, commencé petit à petit à vider la grande poubelle du marché Alanine.  Les immondices seront acheminées à Monigi dans un site que la mairie de Goma a rendu disponible.

La prochaine étape sera question pour la Caritas Goma de mener des campagnes des sensibilisations sur la protection et l’entretien des ouvrages à intérêt public et ainsi promouvoir la gouvernance locale ouverte, appuyer ou consolider l’émergence des dynamiques de comportements citoyens centrées autour de la pérennisation des équipements publics réalisés par le Projet de Développement Urbain (PDU) ou ceux réalisés dans le cadre de partenariat public-privé dans la Ville de Goma.

Caritas à travers ce partenariat, mobilise toutes les parties prenantes (autorités, structures sanitaires, comités locaux, jeunes) à l’auto-prise en charge responsable en vue d’une gestion durable des immondices dans la ville de Goma.

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

 

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