La Caritas Goma s’en va en guerre contre la rougeole

Cellule de Communication | 12 octobre 2020 | 0 | À la une , Santé

 Goma, le 12 octobre 2020 (caritasgomadev.org) – Le 8 janvier 2020 dernier, L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estimait que l’épidémie de la rougeole qui a frappé la République démocratique du Congo était « la pire jamais enregistrée au monde ».  Plus de 7000 enfants trouveront la mort dont 25 % des cas de rougeole enregistrés concernait les enfants de plus de cinq ans, les plus vulnérables. Même si aujourd’hui, ladite maladie a laissé un souvenir douloureux, les responsables sanitaire nous appelle à la prudence. Caritas Goma à travers son bureau diocésain des œuvres médicales se lie à cette lutte et anime des séances de sensibilisations dans certaines structures sanitaires à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo pour éradiquer cette maladie au sein de nos familles en particulier et en RDC en général, des sensibilisations qui sont rendues possible grâce au finnacement de la Caritas Australie et Caritas Goma.

Certaines femmes, venue faire vacciner leurs enfants que la Cellule de Communication de la Caritas Goma témoignent:

Et avec les sensibilisations des agents de la Caritas Goma, je comprends de plus en plus combien de fois cette maladie est vraiment trop dangereuse…” -Aline MUSHAMUKA

une vue de Aline MUSHAMUKA avec son bébé venu recevoir le vaccin contre la rougeole

« Je m’appelle Aline Mushamuka, mère de 7 enfants. J’ai 38 ans. J’ai toujours su que la rougeole était une maladie très dangereuse pour avoir souffert de ladite maladie alors que j’étais gamine. Je me rappelle alors que mes parents pensaient à la sorcellerie et m’avaient amené voir un féticheur. Mais ce dernier n’avait pratiquement rien fait pour me guérir. Je devrais avoirs alors entre 6 et 7 ans et je me rappelle encore de la douleur que je ressentais au niveau de mon corps et sur ma peau. Je me rappelle aussi les pleurs de ma mère, qui pensait alors que j’allais mourir.  N’eut été l’intervention d’une religieuse dans le village ou j’habitais, je ne serai peut-être plus de ce monde à l’heure où je vous parle. Quand je me suis mariée, j’ai juré que pareille situation ne se vivra pas dans mon foyer. Et avec les sensibilisations des agents de la Caritas Goma, je comprends de plus en plus combien de fois cette maladie est vraiment trop dangereuse. Les croyances de mon village veulent que quand un enfant tombe malade de la rougeole ou souffre de ce qu’on appelle dans ma langue « Suluba » ; qu’on le lave, surtout sur les parties où il y a irruption cutanées ‘’des feuilles de manioc’’ (sombe). Il parait que ça guérie. Mais avec les explications du médecin, je ne peux plus me fier à ces genres de croyances ; tous mes sept enfants sont vaccinés contre la rougeole. Et aujourd’hui, j’ai décidé d’emmener mon septième enfant, qui a aujourd’hui neuf mois, se faire vacciner. Mes anciennes amies du village ne me comprennent pas et pensent que le vaccin transmet plutôt la maladie ; mais je crois que petit à petit avec les sensibilisations de la Caritas Goma et la Caritas Australie j’arrive à avoir des mots justes pour convaincre mes amies ».

“Je me rappelle seulement que quand j’étais encore à l’école, les enseignants, dans un de cours que l’on avait à l’école, parlaient de la rougeole...“- Nadège Birukuzira

Une vue de Nadège BIRUKUNZIRA venue faire vacciner son garçon de neuf mois contre la rougeole

« Mon nom est Nadège Birukuzira. Je suis fille ainée de ma famille et c’est mon premier enfant. J’aurai 20 ans cette année. Je me rappelle seulement que quand j’étais encore à l’école, les enseignants, dans un de cours que l’on avait à l’école, parlaient de la rougeole. Mais personnellement, je n’avais pas d’idée sur ladite maladie. Depuis que je suis mère et fréquente les rencontres de sensibilisation ici à l’hôpital, dispensées par les agents de la Caritas Goma et les médecins, je commence à comprendre petit à petit l’importance d’avoir le vaccin surtout pour mon garçon. Comme j’habite encore chez mes parents, c’est plus ma mère qui a une idée sur la rougeole ; mais elle ne m’explique pas grand-chose et me demande de prier pour que la maladie n’attrape pas mon enfant. Aujourd’hui j’ai décidé de venir ici à l’hôpital pour que mon garçon qui a déjà 1 année reçoive le vaccin. Je ne veux pas avoir des problèmes avec son père, s’il lui arrive quelque chose. Avec mes copines, personnes ne parlent de la rougeole, les gens disent que ces sont les personnes de mauvaise foi qui jettent le mauvais sort sur les bébés  ou les enfants innocents ; mais le docteur a dit que cette maladie est très dangereuse et se transmet dans l’air et par les gouttelettes venant du nez et de la gorge des personnes infectées. Comme je ne sais pas qui peut transmettre la rougeole, je préfère que mon enfant soit vacciné ; comme ça mon cœur sera en paix ».

“Aujourd’hui, mon enfant a bénéficié du vaccin contre la rougeole, il se porte bien”.- Anita MAPENDO

une vue de Anita MAPENDO, venue avec son garçon recevoir la Vitamine C ainsi que le vaccin contre la rougeole

« J’ai 32 ans et je suis pourtant une personne très avisée. Je connais ce qu’est la rougeole et ses conséquences. Mais malheureusement, j’avais perdu mon premier enfant à cause de ladite maladie. Au fait, j’avais eu mon enfant quand j’étais encore très jeune et ce dernier était parti vivre avec son père… Plus tard, j’apprendrais sa mort par la rougeole … vous n’imaginez pas ma douleur. Je pensais que son père allait prendre soin de lui mais, le pire arriva… les années sont passées et je me suis remariée. Aujourd’hui, j’ai un autre enfant, c’est un garçon  et il a 12 mois. Et, je l’ai amené pour le faire vacciner contre la variole. Il avait déjà reçu le vaccin de la rougeole à neuf mois. Quand je participais activement à des séances de sensibilisation sur la vaccination des bébés que la Caritas Goma organise, j’ai éprouvé un intérêt à suivre et j’ai appliqué pour tenter ma chance. Aujourd’hui, mon enfant a bénéficié du vaccin contre la rougeole, il se porte bien. Il n’éprouve aucune fatigue et il sourit tous le temps ». 

Propos recueillis par Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

 

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