L’agriculture au profit de 50 ménages victimes des violences domestiques à Minova

Cellule de Communication | 19 novembre 2020 | 14 | À la une , Justice et Paix

Goma, le 19 novembre 2020 (caritasdevgoma.org) – Initier l’agriculture pour subvenir aux besoins primaires des personnes victimes des violences domestiques à Minova, tel est le nouvel élan du projet de lutte contre les violences domestiques et conjugales qui accompagnent les victimes des violences conjugales et domestiques pour leur autonomisation. Ce projet de la Caritas Goma sous l’appui financier de Secours catholique vient relever le niveau de vie de 50 ménages à Minova, une cité se trouvant à 50 km de la ville de Goma dans sa partie sud.

La violence conjugale constitue un problème social grave par son ampleur dans le monde et par les coûts humains et sociaux considérables qu’elle entraîne, affirment plusieurs observateurs. Parmi les multiples formes de violence envers les femmes vécues à Minova, celle infligée en contexte conjugal se révèle la plus courante.

La Caritas Goma, par son souci de soulager les souffrances des populations, apporte un appui dans le domaine de l’agriculture, l’accompagnement psychologique, … en octroyant des champs de location aux victimes pour y effectuer la culture des produits maraichères, légumes, céréales, … pour l’autosubsistance. Chaque bénéficiaire occupe une portion de terre dont la dimension est de 30 sur 50 mètres où il cultive le haricot, maïs, arachide, soja, tourne sol, courge, amarantes, ou autres légumineuses. Cette approche de l’agriculture vient approfondir l’autonomisation des femmes, raffermir leur dignité et soutenir le relèvement socio-économique des ménages où les violences domestiques alourdissent la vie quotidienne.

Se confiant à la Cellule de communication de la Caritas développement Goma, Deodata Nyamugali, victime de violence domestique, ne cache pas ses sentiments lorsqu’elle dit : « mes enfants n’étudient pas faute de moyen ; mais en voyant notre champ des amarantes et maïs, ils me disent souvent qu’ils se sentent « grossir » avant même la récolte. Cela m’ajoute un peu d’estime et de crédibilité ». Et cela prouve à suffisance que la vie de mes enfants est garantie par l’agriculture.

« Quand nous récoltons, nous avons déjà une tradition de consommer une partie et de conserver une autre partie qui servira de semence à la prochaine saison culturale, déclare pour sa part Furaha Bushashire, victime également des violences psychologiques et verbales de la part de son mari.

En effet, Matofali* (nom d’emprunt), le mari de Furaha n’hésite pas à affirmer que dans sa progéniture il n’y aura jamais de fille. Dans ses propos, il déclare : « Je suis le responsable de ma famille ; si j’apprends du médecin que ma femme attend une petite fille à la naissance, j’impose à ma femme l’avortement… », des propos certes durs à entendre mais qui traduisent hélas « une réalité » qui se vit à Minova. Naitre une femme serait un péché ! D’un air angoissé, Furaha Bushashire, assiste impuissamment au comportement décourageant de son mari dans le ménage voilà 10 ans de mariage : « Nous avons une petite fille et le comportement de mon mari envers celle-ci est découragent. Il est méchant avec elle. J’éprouve une grande difficulté pour ma petite fille de grandir : la nourriture, quand il n’y en a pas beaucoup, elle est donnée davantage aux garçons. Quand il faut aller à l’école, ce sont plutôt les garçons qui sont scolarisés. Pourtant, chaque enfant mérite une scolarité digne… », déclare Furaha d’un air embêté.

Ces conditionnement et stéréotypes sociaux viennent alourdir la vie dans les ménages. Heureusement que Furaha Bushashire dans sa détermination révèle que : « je ferai de mon mieux pour inculquer à mon mari le bien-fondé de l’harmonie conjugale, l’égalité des chances pour chaque enfant, … tel que souligne les enseignements donnés par notre accompagnatrice Maman Emma dans le cadre du projet Violences Conjugales et domestiques de la Caritas Goma ».

A Minova, la violence domestique est situationnelle et elle peut être exercée par un ou les deux conjoints dans une dynamique de conflits de couple plus ou moins sévères. Cette violence est la plus commune et domine dans les grandes enquêtes populationnelles que j’organise dans ma prestation quotidienne, déclare Maman Emma, chargée de suivi et accompagnatrice des victimes. Elle poursuit en disant que les agressions, intimidation, harcèlement, menaces, humiliation, isolement, privation, indifférence, exploitation, imposition de règles, … que certaines femmes subissent à Minova, rendent plus dure leur vie.

La Caritas devrait pérenniser ce projet et/ou reconduire pour sauver d’autres ménages victimes se trouvant à Minova, a conclu Mama Emma.

Augustin Kandi-Da

Cellule de Communication

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