Plus de 90 000 personnes assistées par la Caritas Goma après l’éruption volcanique

Plus de 90 000 personnes assistées par la Caritas Goma après l’éruption volcanique

Goma, le 29 mai 2021 (caritasdevgoma.org) – Dans le cadre de la mise en œuvre des activités d’urgence humanitaire pour soulager la souffrance des déplacés de l’éruption volcanique survenue à Goma en date du 22 mai 2021, la Caritas Goma approvisionne de l’eau potable, construit des latrines et douches publiques et se lance dans la promotion de l’hygiène à Sake, sous l’appui de la Coordination humanitaire des agences partenaires : la Caritas Luxembourg, la Caritas Internationalis, CAFOD, UNICEF,…

le Directeur de la Caritas Goma avec son partenaire de l’Unicef(bleu)

Depuis 7 jours, la cité de Sake, située à 27km de la ville de Goma est envahie par une foule des rescapés qui ont fui l’éruption du volcan Nyiragongo. Des nombreuses personnes, qui  ont fui vers Sake et plusieurs autres localités, se plaignent notamment des mauvaises conditions : la promiscuité, l’absence des latrines, le manque d’abris et surtout le manque d’eau potable. Les environs étant surchargés de familles fuyant les tremblements de terre et probablement une coulée de lave du Nyiragongo, selon l’observatoire volcanologique de Goma (OVG).

La journée de jeudi 28 mai 2021 a été un  véritable « enfer » pour les habitants de la ville touristique de la République démocratique du Congo. Sur les artères, des femmes avec des grabats sur la tête, des enfants, des vieux… Ceux qui étaient à bord des véhicules ont dû abandonner leurs engins pour enfin se plier à la marche de plus de 25 km. Des embouteillages sur des kilomètres et qui bloquaient la route… dans la cohue, la poussière, la fatigue, les bagarres, l’énervement… des milliers des piétons portant  valises… C’est  les églises, écoles, centres de santé, terrains de football… qui ont les plus accueillis du monde. Ceux qui n’avaient nulle place où aller, ont logé le long des routes…

Charline Syaghuswa, la trentaine, habitait le quartier Office, un de quartiers se trouvant dans la « zone rouge » déclarée par les scientifiques de l’OVG.

« C’est à 1 heure du matin que j’ai reçu un appel de l’un de mes oncles me disant de suivre la RTNC (Radio-Télévision Nationale Congolaise) Goma. Je pensais que ce n’était pas important mais ensuite en ouvrant mon poste récepteur, j’ai entendu le Gouverneur nous dire d’évacuer… je me retrouve à Sake mais franchement j’aurais mieux fait de rester chez moi. Les conditions de vie sont très difficiles ici. Si on pouvait ne fut-ce qu’avoir de l’eau ça serait bien et il nous faut aussi des toilettes…».

Des familles en pleine évacuation

« J’ai déjà perdu ma maison, je ne sais pas où est mon enfant… je suis une personne vivant avec handicap et on me demande de fuir vers Sake. Que vais-je devenir finalement. Je fuis parce que tout le monde le fait …Si je dois mourir à Sake, tant pis pour moi», se plaint BIBI avec une voix teintée de colère.

« Muni ache ni Kufe » (laissez-moi mourir, en français) pouvait-on entendre de la bouche de Kasikila que la cellule de Communication de la Caritas Goma a trouvé sur la route Goma-Sake. L’octogénaire, en pleurs, a lancé ce cri de désespoir à son jeune petit fils qui insistait pour que son grand père quitte la rue et essaie de faire encore quelques pas en direction du lieu de refuge.

Face à cette situation, la Caritas Goma n’a pas baissé les bras. Ayant comme mission fondamentale de restaurer la dignité humaine par l’assistance humanitaire urgente aux hommes et aux femmes victimes de souffrances dues aux calamités naturelles, la Caritas Goma est à pied d’œuvre en approvisionnant de l’eau potable dont la capacité des bladers varie entre 5m3 et 20m3 dans quatre sites ciblés (groupement kamuronza, école primaire kamuronza, paroisse catholique, coopérative Tuungane).

« Trouver de l’eau était devenu un vrai casse-tête, je craignais pour mes enfants car le risque d’attraper la diarrhée est élevé surtout quand nous vivons entasser comme ça et sans aucune eau qui coule dans les robinets. Maintenant, je suis plus au moins soulagé car la Caritas nous donne de l’eau au moment où le désespoir voulait s’installer dans nos esprits. On sait tous que l’eau c’est la vie ! », déclare timidement Ndoole Kalinga, en puisant sur le nouveau robinet.

Ensuite, c’est la petite Marjorie qui court en direction des robinets installés sur les bladers. Portant une grosse marmite qui dépasse presque le poids de son âge, la jeune demoiselle de 8 ans bouscule les autres enfants et se fraie un chemin jusqu’au robinet : « Maman dit qu’elle est fatiguée. C’est donc à moi de venir puiser ici or il ya trop de monde… », Innocemment déclare Marjorie.

Pour le Directeur de la Caritas Goma, abbé Richard Muhindo, il fallait agir le plutôt possible : «  Nous savons que les besoins sont énormes. Ces déplacés ont perdu leurs maisons, vêtements, meubles et autres objets de valeur. Et maintenant, ils vivent dans des conditions difficiles nécessitant de l’aide. Logeant les artères de la cité, dans des églises, dans les familles d’accueil et dans les écoles, leurs yeux sont toujours tournés vers nous : humanitaires. La Caritas Goma a reçu une assistance auprès de ses partenaires financiers et nous avons voulu d’abord mettre de l’eau potable à leur disposition pour diminuer le risque de contamination des maladies hydriques. La prochaine étape, c’est la construction des latrines et des douches… et Dieu aidant, nous chuterons par une assistance en vivres et non vivres avec les moyens qui seront mis à notre disposition », affirme l’abbé.

Le chef du groupement de Kamuronza, Mwami Bauma Bitsibu, a tenu a remercié la Caritas  pour ce geste combien humanitaire tout en rappelant qu’outre le problème d’approvisionnement en eau potable, il se pose également le problème du manque d’alimentation des sinistrés, problème d’abris ou logement surtout pour les familles qui n’ont pas trouvé de site ou familles d’accueil,  hausse des prix des denrées alimentaires et transport, un problème de spéculation sur le taux de change, un risque d’augmentation des cas des violences basées sur le genre, faible capacité d’accueil des malades dans les structures sanitaires pour leur prise en charge, etc

Augustin Kandi-Da et Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

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