« Que faisons-nous de nos enfants ! », Cri d’alarme de Mgr José MOKO à l’Est de la RDC

Cellule de Communication | 1 février 2021 | 0 | À la une , Justice et Paix

Goma, le 01 février 2021 (caritasdevgoma.org) – A chaque étape de la mission pastorale des Evêques de l’ACEAC (Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale) et de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) à l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment dans les diocèses de Butembo-Beni, Bunia et Goma, Mgr José Moko, Evêque d’Idiofa et Vice-Président de la CENCO, a constamment relevé l’importance de l’éducation et l’encadrement des enfants et des jeunes.

Au cours de ce pèlerinage qui s’est déroulé du 15 au 26 janvier 2021, Mgr Moko a été touché par la présence massive d’enfants ressemblant à des brebis sans berger. « Chers Prêtres, chers agents pastoraux, ne vous lassez point de vous occuper des enfants », répétait-il à chaque occasion saisissable, en public ou en privé.

Lors de la messe présidée à Mbau en mémoire de 3 prêtres Augustins de l’Assomption, toujours portés disparus – nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Beni – Mgr Moko, à la suite du Christ disant à ses disciples « laissez les enfants venir … car le Royaume des cieux est à eux » a demandé de prioriser les enfants dans la procession qui menait de l’Eglise vers les plantules mémorielles pour les 3 illustres disparus. Il ne s’agissait nullement d’un simple rangement dans une mise en place mais de l’attention à des enfants dont plusieurs sont devenus orphelins après différents épisodes des massacres ; ils constituaient la moitié de la foule nombreuse venue assister à l’eucharistie désormais célébrée en délestage. Les prêtres et les chrétiens ont émigré à Oicha, agglomération voisine, où ils passent la nuit et reviennent en journée chez eux comme des étrangers pour s’adonner à ce qui peut encore ressembler à des activités normales, ecclésiales et champêtres. Le soir, c’est le mouvement inverse. Avec 80 % de maisons désertées, la nature a presque partout récupéré ses droits, et l’insécurité en a fait de même.

Voilà qui en dit long sur l’invitation lancée par Mgr Moko  aux parents, ou ce qui en reste encore, aux adultes, aux pouvoirs publics et plus particulièrement aux agents pastoraux à ne pas reléguer au second plan la place de l’enfant dans le développement d’une société à vocation humaine. « L’enfant – malheureusement le plus souvent oublié dans l’environnement africain – est la pièce maitresse de la construction d’un monde meilleur », a martelé Mgr Moko dans son speech à la fin  de la messe à Beni Cité.

Et dans le contexte de l’Est de la RD Congo dominé par la guerre et l’insécurité, Mgr Moko et ses confrères dans l’Episcopat ont été peinés de rencontrer un nombre impressionnant d’enfants, dont certains ont été sauvagement mutilés, vivant dans des camps de déplacés, sans assurance de scolarisation. Sur ce point, ce sont surtout les enfants du niveau secondaire qui sont les plus sacrifiés. Même à l’école primaire où ils sont plus facilement accueillis, l’enseignement se donne à Bunia dans une autre langue, le swahili, alors qu’ils sont nés et ont grandi avec le Kilendu. Une difficulté de taille pour suivre aisément la scolarisation, une occasion propice pour abandonner promptement. En conséquence, on les voit plus dans les rues et certains adolescents, selon les rapports de Caritas et de Justice et Paix Bunia, sont livrés au banditisme, à la prostitution et à la merci des proxénètes.

Voilà qui en dit long sur l’invitation lancée par Mgr Moko  aux parents, ou ce qui en reste encore, aux adultes, aux pouvoirs publics et plus particulièrement aux agents pastoraux à ne pas reléguer au second plan la place de l’enfant dans le développement d’une société à vocation humaine. « L’enfant – malheureusement le plus souvent oublié dans l’environnement africain – est la pièce maitresse de la construction d’un monde meilleur », a martelé Mgr Moko dans son speech à la fin  de la messe à Beni Cité.

Et dans le contexte de l’Est de la RD Congo dominé par la guerre et l’insécurité, Mgr Moko et ses confrères dans l’Episcopat ont été peinés de rencontrer un nombre impressionnant d’enfants, dont certains ont été sauvagement mutilés, vivant dans des camps de déplacés, sans assurance de scolarisation. Sur ce point, ce sont surtout les enfants du niveau secondaire qui sont les plus sacrifiés. Même à l’école primaire où ils sont plus facilement accueillis, l’enseignement se donne à Bunia dans une autre langue, le swahili, alors qu’ils sont nés et ont grandi avec le Kilendu. Une difficulté de taille pour suivre aisément la scolarisation, une occasion propice pour abandonner promptement. En conséquence, on les voit plus dans les rues et certains adolescents, selon les rapports de Caritas et de Justice et Paix Bunia, sont livrés au banditisme, à la prostitution et à la merci des proxénètes.

Au camp de Kigonze, Mgr Moko confiera aux membres de Caritas diocésaine de Bunia : « Les enfants : ce que l’on n’a pas fait pour eux en amont, il ne faut pas l’attendre en aval ». En effet, un enfant qui grandit dans le bruit des canons, comme auteur ou comme victime, grandira avec des faux repères ; un enfant qui grandit avec la conviction de ne pouvoir se valoriser qu’avec une kalachnikov à la main, n’a pas de valeurs de référence ; un enfant qui vit de la débrouillardise de la rue et de la violence est destiné à une vie animale. Pourtant, les jeunes c’est notre avenir, la pérennité de l’humanité. C’est pourquoi la guerre doit absolument cesser afin de permettre aux enfants de grandir dans un environnement sain. L’avenir d’un enfant grandissant dans le contexte des affrontements armés et la surenchère de l’économie criminelle est d’emblée compromis. « Ne faisons pas des enfants d’aujourd’hui des bandits et des assassins de demain » disait Mgr Moko à Butembo.

Toute cette sensibilité de Mgr Moko envers les enfants est certainement motivée par sa vie pastorale comme séminariste co-fondateur et encadreur du Groupe KA (Kizito-Anuarite). A Butembo, Bunia, et Goma, Mgr Moko a constamment aménagé du temps déjà précieux pour s’entretenir avec les encadreurs du Groupe KA qu’il réconfortait sans cesse. Fort heureusement, et Dieu fait grâce, il s’en trouve encore des âmes généreuses et bénévoles qui donnent de leur temps et de leur énergie à l’encadrement des jeunes et des enfants, malgré les turbulences de l’insécurité, de la violence, de la guerre, … et de la faim. La mission des Évêques a été pour eux plus qu’un simple réconfort.

Lydie Waridi Kone

Cellule de Communication

 

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