Un nouveau Plan Stratégique 2020-2024 pour la Caritas Goma

Cellule de Communication | 11 mars 2021 | 0 | À la une , Justice et Paix

Goma, le 11 mars 2021 (caritasdevgoma. org) – Dans sa tradition, la Caritas développement Goma a toujours élaboré un plan stratégique. Celui-ci étant constitué des objectifs, les orientations, les principaux types d’actions et de moyens mis en œuvre pouvant permettre à cette structure d’atteindre ses objectifs et  ainsi se maintenir au rang des acteurs humanitaires clés dans la province du Nord- Kivu.

Dans une interview accordée à la Cellule e Communication, l’Assistant  Technique de la Caritas Goma, Désiré Tchato, revient sur l’importance dudit Plan quinquennal.

Ci-dessous, l’intégralité de l’interview accordée

 

  1. Cellule de communication : quel a été l’apport du plan stratégique objectif 2015-2019 au sein de la Caritas Goma ?

Désire Tchato : Merci de m’accorder cette opportunité de pouvoir échanger autour du plan stratégique et permettez-moi de dire d’abord que le plan stratégique a toujours été un moment très intense, un moment important, je dirai même un moment crucial dans la vie de toute organisation. Effectivement la Caritas en est une, surtout comme association sans but lucratif, et pour le dire ; c’est toujours un moment de faire un pas réflectif par rapport à ce qui a été réalisé. Je dirai même que c’est toujours un moment de pouvoir lancer un coup d’œil sur ce qui a été fait, les leçons tirées, les échecs et les succès enregistrés, comment construire l’avenir en terme du prochain plan. C’est ce que nous avons toujours fait pour la Caritas développement Goma.

Etant à l’issue du plan stratégique 2015-2019, nous sommes très convaincus qu’il a eu des apports sur deux angles. Le premier angle porte beaucoup sur les activités. Grâce à ce plan, la plupart de projets ont été conçus et développés en tenant compte des orientations stratégiques définies dans ce plan. Et il a été remarquable que les collègues ont su orienter les activités sur terrain et rapporter les propositions à nos différents partenaires dans la logique de ce plan. Sur le plan financier, un apport très important en termes de capitalisation des gaps a été enregistré. Nos partenaires ont su s’orienter afin de savoir exactement les points sur lesquels il fallait insister et apporter un financement et/ou orientations stratégiques. Dans ce sens, l’apport a été positif partant de la réalisation méritée des activités en rapport avec le financement reçu.

  1. Pour ce plan achevé ; pensez-vous que les moyens mis en place pour atteindre réellement ces objectifs ont suffi pour relever les actions humanitaires de la Caritas ?

Alors si je vois l’angle tout simplement financier, je dirai que les programmes mis en œuvre ont été effectivement assez consistant pour pouvoir atteindre les objectifs. Ceci parce que les orientations étaient définies de façon à être attractives ; des orientations vis à vis des partenaires financiers. Mais je dirai qu’il y a eu quelques regrets dans ce sens car l’appropriation du plan par les consommateurs n’a pas toujours été effective et aussi des rencontres de mise à niveau d’autoévaluation n’ont pas été rentabilisées. Ce sont les éléments qui ont parfois manqués à ce plan. Nous espérons qu’avec le nouveau plan qui vient d’être produit, nous pourrons combler ce vide.

  1. A combien de pourcentages estimez-vous cette réussite ?

Vous savez dans ces genres d’exercices, que ce soit en termes de production du plan ou d’évaluation, que ce soit l’évaluation à mi-parcours et finale, il est toujours difficile de parler de pourcentage. Le pourcentage étant toujours difficile, je dirai tout simplement que si nous en tenons à l’évaluation qui en a été faite en termes de changement porte sur la vie de nos communautés nécessiteuses, de nos bénéficiaires ; nous dirons que le plan a bien un certain apport, il y a eu un certain succès. Mais le pourcentage est toujours difficile de pouvoir relever. Cependant, comme je l’ai dit tantôt, il faut le noter ; le plan tout de même a eu un certain apport sur le changement de vie de nos populations. A en croire a l’évaluation que nous avons pu réaliser à travers plusieurs différents projets qui étaient indexes sur chaque orientation stratégique du plan.

  1. Quelles sont les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre dudit plan au sein de la Caritas Goma ?

Effectivement s’il y a un certain nombre de succès que j’ai énuméré tantôt, évidemment il y a eu des difficultés. Parfois on a toujours du mal à pouvoir apporter une certaine induction au nouveau staff en ce qui concerne le changement. Il y a eu un problème au niveau de la vulgarisation de ce plan, il y a de bénéficiaires de nos projets qui ne savent pas si ce dernier existe. Mais cependant, nous pensons qu’avec le plan 2020-2024, c’est un nouveau souffle pour la Caritas Goma.

  1. Quelles sont les pistes de solution que vous proposez mettre en place dans le futur pour pallier aux différents obstacles rencontrées ?

Il faut dire que nous avons proposé de mettre un certain planning d’appropriation du Plan pour les cinq prochaines périodes. Déjà au niveau des Ressources humaines nous comptons conjuguer les efforts pour que chaque staff puisse comprendre ce plan stratégique dans ses détails et s’approprier les objectifs définis. A notre niveau, comme Assistant Technique, il est question de rassurer à tous les concernés de ce Plan, une évaluation à mi-parcours pour balancer les indicateurs de succès et orienter la méthodologie. Nous pensons que de cette façon nous pourrons corriger les erreurs du passé.

  1. En jetant un regard sur le plan passé, vous avez énoncé six objectifs clés dedans. Croyez-vous avoir atteint le résultat maximum important surtout au niveau de la consolidation de la paix, la réduction du taux de chômage pour les jeunes ainsi que maintenir la Caritas dans le rang des acteurs humanitaires clés de la province du Nord-Kivu ?

Je ne dirai pas que nous avons complètement atteint nos objectifs tels que prévus mais il faut les relever, car le Plan stratégique de la Caritas ne vient qu’en contribution du Plan humanitaire de la RD Congo. Alors, c’est pour cela que même dans son processus d’élaboration il y a ce que nous appelons les phases de consultation. Nous essayons de consulter tous les différents acteurs, que ce soient nos partenaires de l’église catholique qui sont les paroisses, que ce soient les leaders communautaires, sur le plan humanitaire, nous dirons que la Caritas a pu apporter sa contribution surtout dans le contexte actuel au niveau de la consolidation de la paix dans les localités pour renforcer la pacification.

Au niveau du chômage des jeunes, c’est un problème vraiment récurant mais parmi les objectifs stratégiques de la Caritas, il y a un objectif qui porte sur le développement à long terme ; que nous appliquons dans le projet «  Himo » (haute intensité de main d’œuvre), on peut dire que les jeunes, dans ce programme trouvent un moment d’acceptation de la revenue qui leur ait octroyé pour prendre en charge les besoins primaires au sein de la communauté. Je dirai que la Caritas a apporté une réduction au chômage des jeunes de façon significative et globale.

Maintenir la Caritas dans les rangs des acteurs clés. Vous savez, la Caritas aujourd’hui compte parmi les gros acteurs dans le monde humanitaire. D’ailleurs si vous regardez la plupart des projets que la Caritas gère aujourd’hui ; parfois certains ont du mal à croire que c’est une structure locale et sans but lucratif. La qualité de ses ressources humaines, la qualité de sa logistique, la qualité des activités réalisées dans différents secteurs de la région, cela prouve qu’aujourd’hui cette institution compte effectivement comme acteur clé dans l’humanitaire dans la mesure où son partenariat ne pas dans un domaine bien spécifique. La Caritas a effectivement d’expertise dans les différents domaines et dans les zones d’interventions variées, ce qui s’explique par la diversité de ses financements provenant des Nations-Unies, du Réseau Caritas de l’église catholique, de certain Gouvernements, des Structures internationales et Organisations internationales,… cette confiance de nos partenaires nous amène à dire que la Caritas compte aujourd’hui parmi les acteurs clés avec qui il faut conjuguer les efforts pour soulager la souffrance de nos populations.

  1. Quel a été l’impact dudit plan stratégique vis à vis des partenaires financiers ?

Comme je l’ai dit plus haut, le Plan stratégique on ne le produit pas en étant assis dans son bureau, dans son coin. C’est un processus consultatif. Et dans ce sens nous avons l’habitude de consulter la plupart de différentes couches de la société au niveau local, national et international. C’est à travers notre plan que les partenaires financiers sont beaucoup plus actifs parce qu’ils savent quelle est notre vision, quelle est notre mission et où est-ce que nous voulons arriver. Le Plan stratégique étant aussi un outil de plaidoyer, alors ça permet effectivement à nos partenaires financiers et techniques de pouvoir s’y inspirer pour soutenir nos efforts. C’est plan nous permet de juger le passé, de positionner le présent et projeter le futur.

  1. Dire que le plan a servi d’un outil de plaidoyer ; c’est-à-dire que la mobilisation des fonds a été rentable et facile telle que prévue ?

Si vous voyez un peu l’analyse pratiquement stratégique précédant, dans son évaluation, surtout sur l’angle financier vous remarquerez que pour les 3 dernières années, notre financement est allé d’une manière progressive.  En 2017, nous étions autour de 14 millions de dollars de budget, et pour lesquels 76% a été relevé en terme de réalisation. En 2018 nous étions autour de 18 millions, c’est-à-dire 85% de réalisation. En 2019 nous étions autour de 24 millions avec un taux d’environ 86% de réalisation. Ce qui fait de la Caritas une structure organisée au niveau de ses actions pour pouvoir gérer une telle somme. Les activités sont allées en termes de financement de façon progressif. Nous sommes en train d’escalader vers 30 millions. Ça démontre quand même un certain degré de confiance vis-à-vis des partenaires et d’une certaine stabilité aussi dans le travail qui est réalisée au profit des bénéficiaires.

  1. Le nouveau plan 2020-2024 a reconduit les six objectifs idéals du plan 2015-2020 ; ne vous est-il pas arrivé d’être inspiré par d’autres idées ?

Nous avons eu l’occasion de le dire précédemment, on ne se lève pas le matin pour concevoir et/ou rédiger un plan, ou on ne s’assoit pas dans un coin avec une équipe puis commencer à écrire. C’est un processus, et un processus long. Ça ne s’écrit pas en une ou deux semaines. Vous devez rentabiliser les apports des autres partenaires par rapport à ce que vous faites. Nous avons également ce que nous appelons la revue documentaire, une occasion pour la Caritas de combiner avec les médias sociaux pour « intelliger » les réalisations de l’institution au niveau humanitaire.  Quand on essaie de mettre tout ceci ensemble, vous voyez que c’est un effort qui amène effectivement des produits, des orientations et des objectifs stratégiques qui puissent cadrer avec le contexte, avec la réalité et c’est ça le plus important ; sinon produire un plan en usant d’autres voies, c’est exposer ce dernier à l’échec. Un plan stratégique pour une organisation humanitaire doit contenir les amendements des autorités locales, les leaders communautaires, les partenaires sociaux, et que la Caritas bien sûr, comme la pièce maitresse de ce processus puisse également s’y reconnaitre.

  1. Pourquoi seulement les six objectifs ? Vous n’avez pas l’intention d’élargir les horizons ?

Effectivement c’est l’idéal ! Mais il faut dire que la qualité est plus importante que la quantité. Il n’est pas question d’affluer les objectifs ; nous pouvons même aller jusqu’à 50 objectifs. Vous comprendrez que l’on définit les objectifs par rapport à la mesurabilité et les stratégies de suivi, parce que ça ne sert à rien d’aller à un certain nombre d’objectifs pour lesquels vous ne pourrez pas ni définir les indicateurs, ni identifier le résultat.  Ce n’est pas un micro travail, mais plutôt comme l’avions dit, un travail stratégique défini par rapport à certaines orientations. Les six objectifs identifies sont pour nous trop englobant.

  1. Quelle est la nouveauté avec le plan stratégique 2020-2024 ?

La nouveauté avec plan porte sur plusieurs points. Le premier aspect porte sur le processus de consultation qui s’était élargie jusqu’à atteindre la société civile et les structures gouvernementales locales. Ce qui n’avait pas été fait dans le précèdent plan. Ce nouveau plan a une nouvelle approche, mettre l’accent sur la participation communautaire. Celle-ci est très importante pour les projets de développement. Bref, ce plan présente une base de données qui reflète le besoin réel de la population. Une autre nouveauté est que ce plan insiste sur la rentabilisation des atouts et potentialités se trouvant dans nos communautés respectives.

Donc nous ne sommes pas dans un partenariat ou la Caritas va sur le terrain apporter de l’argent, des vivres et non vivres, travailler pour et à la place de la communauté … non. Il est question aujourd’hui à travers ce plan, de capitaliser avec la communauté ses forces pour booster le développement.

  1. Les acteurs ou bien les concernes ont-ils été formés et/ou informés pour mener les activités en conformité avec ce nouveau plan 2024 ?

Bien sûr que oui ! L’équipe technique de la Caritas s’est réunie avec les différents coordinateurs des départements pour discuter sur le fond de ce plan. Précisément, une formation pour tous les concernés de ce plan est déjà planifié prochainement pour s’approprier le plan. Et la phase de vulgarisation pourra suivre dans toutes les zones ou la Caritas rayonne.

Angel Buke (stagiaire), Augustin Kandi-Da et Lydie Waridi Kone

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